Au sixième jour…

de confinement

Le texte qui suit est de Monty, qui l’a d’abord publié sur son compte Mastodon. Une petite chronique d’une journée parmi d’autres à l’époque du confinement…

- Journal de confinement - Jour 6

Cet aprèm, j'ai dû retourner chez mon médecin à cause de ces maudites cervicales de la nuque qui me causent bien des soucis depuis trop longtemps maintenant. Faut dire qu'avec le COVID19 qui a annulé les séances de kiné, je suis gâté…

Très peu de monde sur les départementales, mais une circulation intense sur l'autoroute que l'on aperçoit au loin par endroit. Pas mal de camions certes, mais les voitures ? J'avoue ne pas trop comprendre, là…

Arrivée chez le médecin, j'ai joué la prévoyance en préparant d'avance carte vitale & chèque pour la prestation.

Entrée dans le cabinet vide de monde. Habituellement c'est bien plus fourni : je n'aurai pas à attendre pour cette fois, tant mieux.

Une bonne vingtaine de minutes à discuter avec mon médecin : médicaments prescrits, arrêt maladie prolongé, conseils d'exercices pour soulager un peu cette douleur pénible… Le tout relevé d'un peu de bavardage autour du fameux COVID19, donc. La conversation a vite tourné autour de la « solidarité » et des « efforts collectifs » dont « nous allons devoir faire preuve une fois la crise passée ».

Je crois que ça l'a un peu secoué quand je lui ai expliqué que ça n'est pas à nous de payer pour l'incompétence de nos élites, que c'était honteux de se fiche à ce point du corps médical, en organisant des appels au don tout en omettant les avoir gazés il y a quelques mois, quand ils réclamaient uniquement des moyens pour soigner les gens.

Aussi, quand je lui ai rappelé que la 6e puissance mondiale est dans l'incapacité de fournir rapidement des masques à sa Médecine, incapable d'être cohérente en votant dans l'urgence des lois contre les acquis du travail ou juste incapable de seulement reconnaître qu'ils ont merdé sur toute la ligne depuis des années… Bref une conversation un peu brute mais indispensable.

Le sésame en poche, direction le boulot pour déposer mon arrêt de travail : le collègue qui m'accueille me demande si c'est dû au fameux virus. Je lui réponds que non et il prend le papier avec d'infinies précautions selon les consignes qu'il a reçues. Apparemment, il y a eu un nombre plutôt élevé de cas parmi mes collègues. D'autant qu'on est dans le Grand Est je vous laisse imaginer la morosité de l'ambiance…

Au retour, arrêt oblige chez Bigpharma pour me ravitailler en médocs. Ils ont sorti l'attirail de guerre : avertissements imprimés partout, distances de sécurités minimales signalées par d'énormes cartons bariolés, vitres en plexi sur les comptoirs, gants et masques pour le personnel. Pour un peu, on se croirait en plein apocalypse zombie, manquerait plus que le shotgun sous le comptoir, tiens.

Une fois dehors avec mes petites gélules vertes, je suis surpris par l'incroyable silence qui m'entoure. D'habitude, la moindre pétrolette qui passe, on l'entend de l'autre côté de la vallée, là que dalle, pas même un passant…

Que la nature est belle ainsi…